Les Content Credentials permettent de connaître les modifications apportées à un média (photo, vidéo ou son, même si nous ne parlerons ici que de photos).
Avec leur adoption, nous vous fournissons des images dont l’authenticité peut être prouvée. Cela n’empêche pas de modifier les photos, ni même de les générer intégralement, mais rend ces étapes publiques et faciles d’accès.
La preuve par l’œil
A l’heure des IA génératives, il est indispensable de préserver la dimension de preuve de la photographie, et au-delà, rétablir la confiance du public.
La « Coalition for Content Provenance and Authenticity » (C2PA) est à l’origine d’une solution de traçabilité des images numériques, dénommée « Content Credentials« . Pour simplifier; lorsqu’une image est traitée par un logiciel, l’ensemble des opérations est mémorisé, puis associé à l’image sur un serveur web.
Sans juger
La solution n’apporte aucun jugement sur l’authenticité ou la véracité des images; les Content Credentials peuvent d’ailleurs être attachés à une image entièrement générée par IA. En revanche elle apporte une transparence sur son origine et les manipulations qui lui ont appliquées. Si le photographe est à même de prouver que l’image source est originale (par exemple via les fichiers « raw »), ou que l’image source est elle-même accompagnée d’un Content Credentials dès son enregistrement dans l’appareil photo (ce qui commence à apparaître sur certains boitiers), alors la chaîne est complète et les manipulations de l’image sont publiques et transparentes.
La capture d’écran ci-contre présente les modifications apportées à l’image qui illustre cet article. On peut voir d’un coup d’œil qu’elle n’a pas vraiment été modifiée, mais à la lecture du détail des opérations on voit qu’elle a été (légèrement) recadrée, et qu’un outil de dessin a été utilisé (l’image est faite avec deux plaques de verre superposées, sur lesquelles quelques grains de poussière se sont déposés et je les ai retouchés). La question n’est pas de savoir si ces modifications sont acceptables ou non, mais juste de vous en informer.
L’IA générative nuit à notre business et à la crédibilité de nos productions (évidemment qu’elle m’agace!), pourtant je n’ai rien contre les images retouchées, modifiées ou même générées; parfois la fiction est plus juste que le documentaire. Mais donner au « lecteur » la capacité de distinguer le vrai du faux, l’original du manipulé, me semble un minimum syndical.
Exigence de transparence
Les images d’actualité sont évidemment celles pour lesquelles ce besoin de transparence est le plus évident; une exigence démocratique.
Quel crédit accorder à un texte illustré d’images manipulées, voire même inventées de toutes pièces? Le recours à la transparence est de bon augure en général;
On voit bien ici comme l’intérêt vaut même pour les images commerciales; toute relation de commerce implique une confiance réciproque entre les acteurs, et les images sont souvent au cœur de cette relation.
S’ajoute à cela le fait que vos images sont votre image; le doute pourrait ainsi gangréner l’image de la marque dans son ensemble.
En ce qui nous concerne, toutes nos images seront, par défaut, dotées d’un Content Credentials. (Si vous ne voulez pas que les vôtres soient concernées, vous pouvez soit nous le signaler, soit leur apporter des modifications qui invalide leur manifeste).
Un must
Nos clients utilisent nos images de multiples façons, mais il n’est pas rare qu’elles soient reprises par la presse, des sites d’information ou l’édition. Dans ces secteurs, la fiabilité des sources est essentielle, et il y a fort à parier qu’entre une image dont elle peut connaître le pédigré et une autre sur laquelle elle ne sait rien, une iconographe choisira la première.
A terme, il est tout à fait possible que le grand public lui-même prenne parfois la peine de vérifier l’authenticité des images qui lui sont présentées… Et pour que la vérification fonctionne, il faudra que les images soient déjà accompagnées des fameux Content Credentials.
Et une évidence
En ce qui nous concerne, nous avons toujours adopté un positionnement d’authenticité – pour ne pas dire de sincérité – dans nos images. En général elles ne sont pas ou très faiblement retouchées, en dehors des opérations de base – luminosité, contraste, couleur. Nous cherchons toujours à valoriser nos sujets, à mettre en lumière leur dimension humaine, à favoriser une vision positive de celles et ceux que nous photographions. Mais jamais à tromper ceux qui regardent nos images! L’objectif poursuivi est souvent d’attirer le regard et l’attention, parfois susciter l’empathie, ou transmettre un ressenti sincère de la rencontre. Mais tout l’édifice s’écroule si nous mentons à celles et ceux qui voient nos images; la démarche du C2PA fait parfaitement écho à nos attentes en matière d’authentification d’images.
Un usage simple
Pour vérifier une image, il suffit d’en envoyer une copie (une copie d’écran suffit) sur un site de vérification, comme par exemple https://verify.contentauthenticity.org/ . Au fur-et-à-mesure de son déploiement, un nombre croissant de sites et plateformes affichera automatiquement un « pin cr » dont le simple survol donnera accès au pédigré de l’image.
De notre côté, le « manifeste C2PA » (qui contient les informations Content Credentials de l’image traitée) est envoyé automatiquement sur les serveurs du C2PA lors de l’export / l’enregistrement de l’image; simple, rapide et efficace.
